Jürgen Nendza, Apfel und Amsel


Musique par Patrick OTTO.

 

Création à Reims le 26 janvier puis en juillet 2018 au Festival Across the Borders à Aachen (Allemagne).  

 

Le poète et le musicien se connaissent et s’apprécient, en effet le texte Am Morgen dein Dach (Un matin ton toit) a déjà été mis en musique et proposé au public en 2016. C’est au demeurant à la suite de cette première collaboration qu’une nouvelle expérience se devait d’être tentée.

 

Jürgen Nendza décrit son recueil Apfel und Amsel comme “une suite de variations sur différents motifs, qui s’établit en un espace situé entre le sommeil et la veille, dans une marge d’erreur hésitante à la frontière entre le conscient et l’inconscient, entre l’intérieur et l’extérieur, dans l’empire de l’entre-deux fait de sensations, faisant se souvenir et voir un monde de significations. Le cycle parle d’amour, de l’incertitude du diagnostic et tend un arc entre le paradis perdu et Auschwitz”.

 

Le cycle comporte huit poèmes : Die Wimpern (Les cils), Täglich (Chaque jour), Trittschall (Bruit de pas), Ein Lächeln (Un sourire), Der Apfel (La pomme), Blätter (Des feuilles), Das eigene Atmen (La respiration de chacun), Wir treffen uns (nous nous rencontrons).

 

De manière à capter les reflets et nuances des images poétiques, il est fait appel un large ensemble sonore varié, à savoir choeur mixte, soprano solo, orchestre à cordes enrichi de cinq instruments à vent (hautbois, clarinette, basson, deux cors).

 

La fondation pour l’art de Westphalie, région d’où est originaire le poète, soutient le projet. La Westphalie et la Champagne étant jumelées, le projet va trouver une première concrétisation à Reims avec la chorale Ars Vocalis. Dans la foulée du concert de janvier 2018 est prévu un enregistrement avec le label Jazzsick.

 

En perspective, les poèmes devant être traduits par deux universitaires liégeoises, un ensemble de concerts est envisagé à Rennes, Liège.

Musiques celtiques à l'orchestre


Concerts au Tambour, à Rennes, le 20 mars 2018 puis à Ploërmel le 18 mai 2018. 

 

La création Musiques celtiques à l'orchestre a pour objectif de révéler au public une œuvre inédite du compositeur alsacien Charles Koechlin (1867-1950), les Chansons bretonnes pour violoncelle et orchestre, inspirées du Barzaz Breiz (le premier recueil faisant un inventaire du patrimoine oral traditionnel breton). Datant de 1932 le cycle de huit pièces n'a pas encore été créé dans cette version. Cette création se déroulera en deux parties :

 

Première partie : œuvres représentatives des différents territoires celtes (Galice, Pays de Galles, Irlande et Ecosse) écrites par des compositeurs du XXe siècle s’étant inspirés d'un patrimoine régional par l’emprunt de thématiques ou d’imaginaires. 

  • Galice : Paddy Moloney, Galician ouverture, 1997. 8’
  • Pays de Galles : Alun Hoddinott, Danses galloises,  op. 64. 1969. 10’
  • Ecosse : Thea Musgrave, Song of the enchanter, 1990. 10
  • Irlande : Sean O’Riada, Suite orchestrale Mise Eire, 1959. 12’ 

Seconde partie :

  • Chansons bretonnes pour violoncelle et orchestre de Charles Koechlin.

Orchestre : les 40 musiciens réunis à l’initiative de l’Ensemble Sonopsie (34 musiciens professionnels dont au moins la moitié possède un rayonnement  à l'échelle nationale et 6 étudiants venant du Pont supérieur).

 

Violoncelle solo : Raphaël Jouan (1er prix du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, membre du trio Hélios).

 

Direction : Patrick Otto.

 

Intention artistique : Charles Kœchlin en choisissant un dispositif contrasté, violoncelle solo / orchestre, a pris position sur un plan esthétique, à savoir présenter le chant breton, seul, à l'accoutumée donc, mais de manière à en rehausser les contours, inflexions et appuis pour en révéler l'émotion contenue. Manuel de Falla n'a-t-il pas fait remarquer que ces Chansons bretonnes avaient été mises dans un bel écrin?

Cette posture a pour arrière-plan les orientations prises par la Société de Musique Indépendante (SMI), sous l'impulsion de Maurice Ravel. Le chant traditionnel y est alors magnifié, mis en exergue et non pas intégré voire broyé dans un pathos. Dans l'interprétation choisie, la partie de violoncelle est en dehors, prédominante à la masse orchestrale, à l'image de la clarinette introduisant la cinquième symphonie de Pyotr Il'yoch Tchaïkovski, représentant l'âme russe, fragile mais soutenue par l'immensité d'un pays.

S'agissant de chansons extraites du fameux Barzaz Breiz, le texte, bien que non présent mais sous-jacent dans la partition, est décisif quant à l'interprétation, qui usera du parlando rubato, c'est à dire en jouant comme s'il y avait des paroles sur la musique. Ainsi les tournures, inflexions mélodiques, articulations musicales tiendront compte à la fois des indications du compositeur et du point de vue des spécialistes de musique traditionnelle bretonne. Au demeurant, la journée d'étude en corrélation avec le concert du 20 mars, à laquelle le directeur musical participe par une présentation de l'orchestration de la pièce, s'intéressera également à l'analyse linguistique du Barzaz Breizh.

Le programme du concert, conçu comme écrin supplémentaire, entourant l’œuvre de Charles Kœchlin, offre à l'Ensemble Sonopsie – implanté en Bretagne – le plaisir de jouer un répertoire peu connu, celui de la musique d'orchestre du XXe inspirée de la musique traditionnelle, élargie pour la circonstance à la musique celtique. La pièce de Paddy Moloney, Galician ouverture, fait appel à des instruments traditionnels ; les Danses galloises d’Alun Hoddinott exposent une stylisation d’airs connus, Song of the enchanter de Thea Musgrave est une allégorie onirique de mythes écossais, enfin Mise Eire de Sean O’Riada fut écrite pour un documentaire traitant de la fondation de la République irlandaise.

 

 

En lien 

  • Yves Defrance, ethnomusicologue ayant  promu la musique bretonne au titre de patrimoine immatériel de l’Unesco, est partant pour faire une conférence à l’école de musique de Ploërmel concernant les sources musicales du célèbre recueil, le Barzaz Breiz.
  • L’université de Rennes 2 et le département de breton organisent une journée d’étude en mars aboutissant à  un livre – CD autour du Barzaz Breiz.
  • Une répétition publique aura lieu à la salle des fêtes de Ploërmel pour un public scolaire.